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nov 07

Les zones de gratuité, le lien social grâce au don

Partout en France émergent des initiatives proposant aux particuliers désirant se séparer de biens matériels de les mettre à disposition de leur communauté. Simplement en demandant aux municipalités de fermer une portion de rue durant une ou deux journées, les zones de gratuité sont instaurées. Le concept est le suivant : tout ce qui est dans cette zone (ou plutôt sur les étalages de cette zone, vous ne vous y ferez pas dépouiller), est gratuit.

Le principe étonne, mais a pourtant déjà été appliqué dans quelques villes de France, comme par exemple à Montreuil et  à Grenoble. Les habitants du quartier peuvent donc amener tous les objets dont ils veulent se séparer, et  les personnes voyant quelque chose qui les intéresse peuvent se servir. Le concept est le même pour la nourriture : chacun amène ce qu’il veut et se sert durant un grand repas de quartier.  Il n’y a absolument aucune obligation, et chacun peut se servir, même la personne n’ayant pas les moyens d’amener sa contribution. Ce n’est donc absolument plus du troc mais bien du don.

Une affiche qui résume bien le concept

La première zone de gratuité a sans doute été ouverte par la communauté des Diggers de San Francisco, et approvisionnée partiellement par les marchands locaux. Le premier magasin gratuit, fonctionnant dans les années 1970, s’appelait ainsi Trip Without a Ticket.

Cet évènement est peut-être la meilleure illustration de l’application d’une consommation collaborative à une échelle locale : consommer sans gâcher en proposant à nos voisins des biens qui ne nous servent plus. Cette forme de partage permet ainsi un lien social fort en faisant prendre conscience que notre communauté est importante et peut, si nous nous y intéressons, améliorer fortement notre cadre de vie.

2 commentaires

  1. guillaume

    c’est une étape qui peut changer les façons de se représenter la valeur, la richesse-pauvreté, et de modifier la vision du monde de quelques personnes, parfois quelques milliers mais quid des millions d’autres ? qui sont encastrés dans la fabrication quotidienne répétée du capitalisme qui fonctionne à l’exact opposé ? pourrait-on la concevoir comme une transition vers autre chose ? peut-il exister des zones d’autonomie ?

  2. Christophe Pasquier

    De telles initiatives ne peuvent être globales : leur vraie force vient de la communauté, en ce qu’elles permettent à chacun de s’identifier dans sa région.

    Elles permettent par contre d’amorcer une réflexion sur le rôle de l’argent, et d’embrayer sur des modifications profondes de notre économie : c’est notamment le mouvement de la finance solidaire (s’inscrivant dans l’ESS) qui se démarque aujourd’hui en France, et qui permet de repenser le rôle de l’argent tout en gardant la qualité structurelle de notre économie actuelle. Selon moi, ce sont ces avancées qui permettront de changer la vie des millions.

    PS : d’ailleurs, en ce moment se déroule la semaine de la finance solidaire, et c’est l’occasion idéale pour en savoir plus sur toutes ces initiatives du secteur : les évènements à découvrir ici.

    semaine-de-la-finance-solidaire.com/evenements-semaine-de-la-finance-solidaire.php

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